La gestion du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) est au cœur d’une vive controverse institutionnelle. Interpellé au Sénat, le ministre d’État en charge de la Justice a dressé un tableau particulièrement alarmant de l’utilisation des ressources issues de la condamnation de l’Ouganda par la Cour internationale de Justice.
Selon les chiffres avancés, sur un montant global de 195 millions de dollars alloués à la République Démocratique du Congo dans le cadre de cette décision judiciaire internationale, seuls 28 millions de dollars Américains ont effectivement été versés aux victimes. Un écart jugé préoccupant, révélateur de graves dysfonctionnements dans la chaîne de gestion et de distribution des indemnisations.
Plus troublant encore, le fichier des bénéficiaires aurait fait l’objet de manipulations frauduleuses. À Kisangani, ville emblématique des exactions ayant motivé cette réparation, le nombre de victimes enregistrées serait passé de 3 000 à plus de 16 000, sans justification transparente. Une inflation suspecte qui alimente les soupçons de détournements et de falsification des données.
Ces dérives ont déjà entraîné des conséquences judiciaires. Un ancien ministre de la Justice a été condamné dans ce dossier, tandis que le coordonnateur ad intérim du FRIVAO est actuellement en cours de jugement. Des poursuites qui témoignent de la volonté affichée des autorités de sanctionner les responsabilités engagées dans cette affaire.
Face à l’ampleur des irrégularités, le gouvernement a adopté un plan de redressement structuré autour de trois axes majeurs. Il prévoit d’abord la réalisation d’un audit financier approfondi afin de retracer l’utilisation des fonds. Ensuite, une purge du fichier des victimes sera opérée pour en garantir la fiabilité. Enfin, une normalisation des procédures administratives est annoncée pour sécuriser les prochaines opérations d’indemnisation.
Dans l’immédiat, les autorités entendent relancer les indemnisations collectives, considérées comme moins exposées aux fraudes individuelles. En revanche, les paiements individuels resteront suspendus jusqu’à la finalisation de l’audit, condition préalable à toute reprise.
Diddy Mastaki