La coordination urbaine de la société civile et de la jeunesse de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a accusé le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance (TGI) d'avoir été impliqué dans plusieurs délits. Elles exigent le départ immédiat de cet acteur judiciaire, sans condition.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 2 août 2023, les organisations dénoncent les agissements du magistrat Philippe Majiko Itumbu et son implication dans la vente de biens saisis lors de procédures judiciaires, tels que des véhicules et des motos.
"Nous avons recensé plus de 15 motos saisies par la police de circulation routière et transférées au parquet du TGI. Cependant, au lieu de les conserver, il les a détournées en les vendant. De manière sournoise, au lieu d'établir des actes de vente à ceux qui ont acquis ces motos, il leur a remis des procès-verbaux de constitution de gardiennage. Nous avons également repéré la vente de 3 véhicules", indique la note conjointe adressée au procureur général de la République Démocratique du Congo.
Les organisations accusent également le procureur d'avoir ordonné des arrestations arbitraires, notamment celles de deux opérateurs économiques de Beni soupçonnés de fournir du carburant aux terroristes des Allied Democratic Forces (ADF).
"En plus de tout cela, il y a eu des arrestations d'opérateurs pétroliers qui avaient réduit les prix de manière injuste. De plus, un jeune homme a été arrêté à tort avec sa moto", poursuivent-elles.
Face à ces accusations, les forces vives exigent le départ du procureur de la République près le TGI/Beni et demandent la libération immédiate des personnes arrêtées ainsi que la restitution de leurs biens. Faute de quoi, elles promettent de prendre d'autres mesures.
Pour l'instant, le magistrat Philippe Majiko, mis en cause, n'a pas donné sa version des faits.
Martin Leku