De passage à New York pour le 78ème Sommet des Nations Unies, le Président congolais Félix Tshisekedi s'est exprimé sur l’affaire du journaliste Stanis Bujakera, actuellement en prison. Tout en exprimant son amitié pour le journaliste emprisonné, Félix Tshisekedi a insisté sur le respect de la séparation des pouvoirs et de la justice.
"Je ne serais pas le fossoyeur de la liberté des citoyens, étant moi-même issu d'un parti qui a subi les affres de la dictature", a déclaré le président congolais Félix Tshisekedi, affirmant au passage son engagement à protéger les droits des détenus, tout en rappelant que toute violation de ces droits doit être dénoncée et traitée par la justice.
Le Président Tshisekedi a réitéré son respect de la séparation des pouvoirs et son engagement à ne pas interférer dans les affaires du pouvoir judiciaire. Félix Tshisekedi a souligné son amitié avec Stanis Bujakera, le journaliste emprisonné, et a insisté sur le fait que la justice devait suivre son cours en toute indépendance, à l'instar de ce qui se passe en Occident. Il a fait référence à des affaires internationales telles que celles de la journaliste française Aria Lavrilleux et de Julian Assange pour illustrer son propos.
Tshisekedi a exprimé sa sympathie pour Stanis Bujakera en tant que jeune journaliste qui a couvert sa campagne électorale de 2018. Cependant, il a insisté sur le fait qu'il ne pouvait pas entraver le travail de la justice. "Quoi de plus mal que la justice essaye de s'intéresser à cette affaire, surtout en ce qui concerne le journaliste Stanis Bujakera, c'est un jeune homme que j'aime bien. Il a couvert notre campagne électorale et a été de tous les combats. J'ai de la sympathie pour ce jeune homme et je regrette ce qui lui est arrivé, mais je ne peux pas faire obstruction à la justice et ne pas lui permettre de faire la lumière sur cette affaire, d'autant plus qu'il s'agit de mort d'homme", a poursuivi Félix Tshisekedi.
Il a rappelé que Chérubin Okende qui a été son collaborateur de longue date qu’il appréciait beaucoup, est décédé dans des circonstances suspectes qui n'ont pas encore été élucidées, bien que le gouvernement ait fait appel à des enquêteurs internationaux, notamment de Belgique, d'Afrique du Sud et de France. "Malgré tout cela, on prend le risque de désorienter l’enquête et l’opinion, donc je crois que cela peut intéresser la justice", a-t-il ajouté.
L'affaire Bujakera dans son contexte
Stanis Bujakera a été arrêté le 8 septembre 2023 à l'aéroport international de Ndjili et est détenu depuis treize jours. Les charges retenues contre lui concernent un article publié dans le magazine Jeune Afrique impliquant les services de renseignement militaire dans l'assassinat de l'ancien ministre et opposant proche de Moïse Katumbi, Chérubin Okende.
Tandis que Stanis Bujakera reste derrière les barreaux, plusieurs organisations nationales et internationales continuent de faire pression pour obtenir sa libération car l’article incriminé n’était pas signé en son nom. Cette situation a fini par attirer l'attention de la communauté internationale sur la liberté de la presse en République démocratique du Congo et sur l'importance de protéger les journalistes dans l'exercice de leur métier. Et depuis plusieurs jours, les appels émanant des représentations diplomatiques se multiplient pour exiger la liberté du journaliste.
CongoRassure