Le procès des officiers des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) impliqués dans le meurtre de 57 civils à Goma a pris un tournant inattendu le jeudi 21 septembre lorsque le prévenu, le Colonel Mike Mikombe, a appelé à la comparution du Lieutenant Général Constant NDIMA, gouverneur du Nord-Kivu récemment rappelé à Kinshasa, avant d’être remplacé par un intérimaire.
Visiblement surpris par la tournure du procès, le colonel Mikombe a soulevé des questions sur sa propre responsabilité dans l'affaire et a suggéré que le gouverneur militaire aurait eu un rôle clé dans cette opération qui a eu une fin dramatique. Cette demande, qui revient également depuis plusieurs jours dans nombreuses déclarations des organisations de la société civile, a créé des remous dans la salle d'audience et a ravivé des interrogations sur les vrais responsables de ce carnage.
Mikombe a déclaré devant la Cour que même s’il est dit qu’il était le commandant du Bataillon d'Intervention de l'Armée (BIA), il est essentiel de soulever la question de l'absence au procès du Lieutenant Général Constant NDIMA, alors gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu et qui était le commandant des opérations dans la région durant ce drame.
« Où est ma responsabilité dans tout ça ? On me dit que je suis ici parce que je suis le commandant BIA, pourquoi je ne vois pas ici le gouverneur qui était le commandant des opérations au Nord-Kivu ? Il doit venir ici éclairer la cour parce qu'il a tout nié alors que c'est lui qui coordonnait tout avec ses conseillers. Son porte-parole a mobilisé la presse pour l'amener là-bas, c'est lui qui a financé tout ça. Qu'il vienne ici pour démontrer comment j'ai agi, par mon initiative, organisant les troupes par moi-même. Si nous appelons le gouverneur ici, c'est une question de responsabilité. On ne peut pas salir la garde républicaine pour protéger le gouverneur, il y a des réalités que j'ai vues », a-t-il déclaré.
Le procès en cours concerne le meurtre tragique de 57 civils à Goma, froidement abattu par les éléments des forces armées de la République démocratique du Congo alors qu’ils s’apprêtaient à descendre dans la rue pour réclamer le départ de la MONUSCO et des troupes de l’EAC. Une tragédie qui a choqué l’opinion nationale et internationale et a conduit à l'arrestation de plusieurs officiers des FARDC.
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