À la suite des verdicts rendus par la justice militaire du Nord-Kivu dans l'affaire de la fusillade ayant causé la mort de plus d'une cinquantaine de civils adeptes de la secte Messianique "Wazalendo" le 30 août dernier à Goma, l'avocat de la défense des familles des victimes exprime un sentiment de satisfaction partielle et de déception.
Interrogé par la Radio France Internationale, maître José Napangi Wilondja confie ressentir deux émotions contradictoires. D'une part, il se réjouit de la condamnation des auteurs de ce crime de masse, mais d'autre part, il regrette que l'État congolais n'ait pas été reconnu coupable de réparer le préjudice moral, alors que les armes utilisées par le colonel de la Garde Républicaine, Mike Mikonde, ont été fournies par l'État congolais.
Pour maître Nepangi, une autre source de frustration réside dans l'absence du gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le Lieutenant-général Constant Ndima, bien que la défense aurait souhaité le voir à la barre en tant que prévenu dans cette affaire.
Il rappelle que le colonel Mike Mikonde, condamné à la peine de mort, a à maintes reprises impliqué Constant Ndima en tant que commanditaire de cette fusillade perpétrée à Goma contre des civils non armés, exprimant le souhait de le voir comparaître devant la cour militaire du Nord-Kivu, que ce soit en tant que témoin ou en qualité de prévenu.
Le procès très médiatisé du massacre, ayant coûté la vie à cinquante-sept (57) personnes selon le bilan officiel, a abouti à la condamnation à mort du colonel Mike Mikonde. Trois officiers des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont également été condamnés à dix (10) ans de prison ferme, tandis que deux (2) autres accusés ont été acquittés par la même cour.
Diddy MASTAKI