Une activiste politique de l’est de la République démocratique du Congo a lancé un appel au président Félix Tshisekedi, l’exhortant à prendre des mesures immédiates face à la dégradation de la situation sécuritaire, économique et humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une correspondance adressée au chef de l’État à l’occasion du mois de mars dédié à la femme, Arlette Maghulu, membre du parti politique Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple(ACDIP) à Butembo, décrit une crise « alarmante » qui affecte durement les populations locales, notamment dans les zones de Beni, Butembo et Lubero.
Face à la flambée des prix et à la précarité croissante, elle plaide pour l’exemption des droits de douane sur les produits de première nécessité et les matériaux de construction, ainsi que la suppression des taxes sur les intrants agricoles afin de soutenir la production locale et prévenir une crise alimentaire.
L’activiste appelle également à la prorogation des mesures d’allègement fiscal, tout en dénonçant leur application partielle par certaines régies financières, notamment la Direction Générale des Impôts et la Direction Générale des Douanes et Accises. Elle évoque par ailleurs des « tracasseries administratives » qui entravent les activités économiques dans la région.
Sur le plan humanitaire, Arlette Maghulu juge « alarmante » la situation des déplacés et propose la création d’un fonds spécial pour leur prise en charge. Elle alerte également sur la prolifération de boissons fortement alcoolisées issues de l’importation d’éthanol, qu’elle considère comme un facteur aggravant de la désintégration sociale dans un contexte de conflit.
Concernant la sécurité, elle recommande la mise en place d’une cellule spéciale antiterroriste, le renforcement du renseignement et l’instauration de mécanismes numériques de contrôle, tout en plaidant pour un meilleur encadrement des initiatives de défense communautaire.
L’activiste appelle en outre à davantage de transparence de la part des parlementaires sur les négociations de paix et la stratégie nationale de lutte contre les groupes armés actifs dans l’Est, notamment dans les régions de Beni, Lubero, Ituri et Tshopo.
Enfin, elle propose la construction d’un mémorial en hommage aux victimes des violences armées, afin de préserver leur mémoire et promouvoir la justice.
Tout en saluant certains efforts des autorités provinciales, notamment dans le domaine sécuritaire et les projets d’infrastructures comme l’aéroport de Mavivi à Beni ou le programme « 100 ponts », Arlette Maghulu appelle les autorités nationales à agir « avec urgence, courage et détermination ».
Se présentant comme la porte-voix de « milliers de familles meurtries par la guerre », elle affirme porter « un cri du cœur » au nom des populations affectées par des années de violences dans l’est du pays.
Daudi Amin