Le climat politique reste particulièrement tendu autour de l’examen de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République Démocratique du Congo. Après plusieurs débats houleux à l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire « Ensemble », principale force de l’opposition au sein de l’hémicycle, a annoncé la suspension de sa participation aux travaux liés à ce texte qu’il considère comme une menace contre la Constitution.
Dans une déclaration politique lue par André Kimbuta, les députés du groupe parlementaire « Ensemble » accusent la majorité au pouvoir, réunie au sein de l’Union Sacrée de la Nation, de vouloir modifier la Constitution en violation des articles 219 et 220.
« L'examen et le vote de la proposition de loi fixant les conditions d'organisation du référendum en République Démocratique du Congo n'est qu'une étape vers la réalisation de ce dessein », declare-t-elle.
L’opposition estime que cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile marqué par l’occupation de plusieurs zones de l’Est du pays par des groupes armés.
« Une grande partie de notre pays est occupée par les rebelles, l'armée Rwandaise et des terroristes ADF ayant causé des millions de morts, des réfugiés et des déplacés de guerre au Nord-Kivu, en Ituri et dans le Haut-Uele », ajoute-t-elle.
Le groupe parlementaire « Ensemble » rappelle également que les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri demeurent sous état de siège, estimant que les priorités nationales devraient se concentrer sur la sécurité, l’intégrité territoriale et le retour de la paix.
Dans leur déclaration, les députés de l’opposition affirment que l’objectif réel poursuivi derrière cette proposition de loi serait une révision des dispositions constitutionnelles relatives au mandat présidentiel et à l’organisation des provinces.
« L'objectif final de cette démarche est de changer le nombre et la durée des mandats du président de la République ainsi que de réduire les compétences constitutionnelles des provinces afin de consacrer la dictature », indiquent ces députés.
Le groupe parlementaire « Ensemble » considère ainsi cette démarche comme une menace pour l’unité nationale et la stabilité institutionnelle du pays.
« La proposition de loi sur les référendums sous examen n'est qu'une étape préliminaire et suicidaire pour l'unité du pays », poursuivent-ils.
Face à cette situation, les députés de l’opposition annoncent officiellement leur retrait des travaux parlementaires relatifs à cette proposition de loi.
« Le groupe parlementaire Ensemble suspend sa participation aux travaux de l'Assemblée nationale sur la loi fixant les conditions de l'organisation du référendum en RDC », rencherissent-ils.
Dans la foulée, l’opposition appelle le président de la République à intervenir pour stopper ce qu’elle qualifie de dérive politique dangereuse : « Nous demandons au président de la République, garant de la Constitution, d'arrêter ces initiatives qui tendent à légitimer la rébellion dans la partie Est de notre pays ».
Enfin, le groupe parlementaire Ensemble appelle la population Congolaise à se mobiliser contre ce projet qu’il juge dangereux pour l’avenir du pays.
Il appelle le peuple congolais à s'opposer à ce projet macabre et dangereux pour la survie de la nation.
Dans sa conclusion, le groupe parlementaire « Ensemble » affirme considérer la démarche en cours comme un « complot contre la Constitution » et accuse le régime en place de porter seul la responsabilité politique et historique des conséquences qui pourraient découler de cette initiative.
Diddy Mastaki