Après le renvoi au Parlement de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République Démocratique du Congo, un groupe d’organisations de la société civile appelle les députés et sénateurs à abandonner définitivement ce texte et à consacrer la prochaine session parlementaire aux priorités sécuritaires, politiques et sociales du pays.
Dans un communiqué de presse daté du 14 août 2026 à Kinshasa, les organisations signataires du mémorandum du 10 août considèrent le renvoi de la loi au Parlement par le président de la République comme « une première étape », mais appellent à aller plus loin.
« Cette loi doit être définitivement abandonnée », soutient le groupe d’organisations de la société civile signataires du mémorandum du 10 août 2026.
Les organisations reviennent notamment sur l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle le 28 juillet 2026. Selon elles, bien que la Haute Cour ait déclaré la loi conforme à la Constitution, elle l’a assortie de réserves portant sur 13 de ses 44 articles.
Pour les signataires, l’importance de ces réserves, combinée aux controverses ayant entouré l’adoption du texte, démontre qu’une question aussi fondamentale que l’organisation d’un référendum constitutionnel ne peut, selon eux, être traitée dans un contexte marqué par la suspicion et la polarisation.
Le groupe demande ainsi à l’Assemblée nationale et au Sénat de renoncer définitivement à poursuivre l’examen de cette loi.
Les organisations souhaitent plutôt que la session parlementaire de septembre soit consacrée à ce qu’elles présentent comme les priorités immédiates de la population congolaise : la paix, la réunification et la pacification du territoire, la protection des populations, l’amélioration des conditions de vie et la préparation des prochaines élections générales dans les délais constitutionnels.
Elles appellent également le président Félix Tshisekedi à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation et à s’inscrire dans une démarche de dialogue national.
« Le Groupe appelle également le Président de la République à se placer au-dessus des intérêts partisans, les siens propres y compris, et à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation », déclarent les organisations signataires.
Pour ces organisations, un dialogue national devrait notamment permettre de contribuer à la pacification du pays, à la restauration de la confiance entre les acteurs et à la recherche d’un consensus autour des réformes nécessaires, y compris les réformes électorales.
Elles estiment également que ce dialogue devrait intervenir suffisamment tôt afin de réunir les conditions politiques, juridiques, institutionnelles, techniques et financières indispensables à l’organisation des prochaines élections dans les délais prévus par la Constitution.
Le groupe rappelle par ailleurs que le respect de la Constitution s’impose à tous les acteurs de la République, « au premier rang desquels le Président de la République, garant de son observance ».
« Le peuple Congolais n’a pas besoin d’un référendum constitutionnel », estiment ces organisations.
Dans leur communiqué, les organisations signataires opposent clairement leurs priorités à celles qu’elles attribuent au projet de référendum.
« Le peuple Congolais n’a pas besoin d’un référendum constitutionnel. Il a besoin de paix, de sécurité, d’élections crédibles et d’institutions axées sur ses véritables priorités », affirment-elles.
Elles résument leur position en trois exigences : l’abandon définitif de la loi, le respect de la Constitution et la priorité accordée à la paix et au dialogue.
Diddy Mastaki