Le retour volontaire de dizaines de milliers de réfugiés Congolais vivant en Tanzanie entre dans une nouvelle phase. Réunis à Lubumbashi, les représentants de la RDC, de la Tanzanie et du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) ont arrêté les grandes lignes d’un processus destiné à organiser leur retour dans des conditions sûres, dignes et durables.
À l’issue de la 8ᵉ réunion tripartite, tenue jeudi 27 août 2026 à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, les trois parties ont signé un communiqué final actant une feuille de route pour le rapatriement volontaire d’environ 87 000 Congolais réfugiés en Tanzanie.
Les travaux étaient coprésidés par Shabani Lukoo, Vice-Premier ministre et ministre Congolais de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, et Ayoub Mahmoud, Vice-Ministre Tanzanien de l’Intérieur.
Le principe du volontariat a été placé au centre de l’accord. Les participants ont réaffirmé que chaque réfugié devait pouvoir décider librement et en connaissance de cause de son retour. Les rapatriements devront, par ailleurs, être organisés vers des zones préalablement identifiées par les autorités Congolaises.
Cette démarche vise à éviter que le retour ne soit réduit à une simple opération de transfert de populations. Elle doit s’accompagner de garanties permettant aux réfugiés de retrouver des conditions de vie acceptables dans leurs communautés d’origine.
La question de la réintégration figure ainsi parmi les priorités de la feuille de route. Les trois parties ont notamment souligné l’importance de renforcer l’accès à l’éducation des enfants Congolais vivant dans le camp de Nyarugusu, en Tanzanie.
Pour Dar es-Salaam, la réussite du processus dépendra aussi du soutien de la communauté internationale. Lors de la cérémonie de clôture, le Vice-Ministre Tanzanien de l’Intérieur a appelé les partenaires internationaux à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de la feuille de route et à soutenir la réintégration socio-économique des réfugiés une fois de retour en RDC.
Le financement constitue en effet l’un des enjeux majeurs de l’opération, qui devra mobiliser des moyens pour le transport, l’accueil, l’accès aux services essentiels et la réinsertion des personnes rapatriées.
Pour Kinshasa, la question sécuritaire reste déterminante. Shabani Lukoo a réaffirmé l’engagement des autorités Congolaises à œuvrer en faveur de la paix, jugeant la sécurité « un préalable indispensable » à tout retour sûr et durable.
Cette préoccupation concerne particulièrement les réfugiés originaires du Sud-Kivu, région où la persistance de l’insécurité pourrait compliquer leur réinstallation.
Le Vice-Premier ministre Congolais a également demandé à la Tanzanie et au HCR de poursuivre les efforts de sensibilisation auprès des réfugiés et de veiller à la mise en œuvre effective des résolutions arrêtées à Lubumbashi.
La réunion s’est conclue par la signature du rapport final par les représentants de la RDC, de la Tanzanie et du HCR. À travers cet engagement, les trois parties entendent donner une traduction concrète à la volonté affichée par Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan de favoriser le retour des réfugiés congolais, dans le respect du volontariat, de la dignité et de la sécurité.
Gloire Malumba