Le gouverneur de Kinshasa a limogé, le 21 octobre, le responsable de la Régie d’assainissement qui avait appelé à distribuer des armes aux militants de l’UDPS et à la population. Ses menaces visant les Belges et les Occidentaux ont également suscité une condamnation du président de l’Assemblée nationale et l’ouverture d’une enquête.
La suspension n’aura été qu’une étape. Quelques heures après la décision du ministre provincial de l’Environnement de l’écarter de la direction intérimaire de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), Fils Mukoko a été révoqué par le gouverneur Daniel Bumba, mercredi 21 octobre 2026. En cause : une vidéo dans laquelle il s’en prend aux Belges et aux Occidentaux présents dans la capitale congolaise, allant jusqu’à appeler à armer des militants.
L’arrêté provincial vise précisément Benoît Mukoko Mudipanu Le Fils dans ses fonctions de directeur général adjoint chargé des questions techniques. La suspension prononcée plus tôt par le ministre Léon Mulumba le désignait, elle, comme directeur général intérimaire de la régie.
Pour motiver sa décision, Daniel Bumba invoque le Code de conduite de l’agent public de l’État et les obligations de « dignité, de discrétion, de responsabilité et de respect des institutions » attachées à l’exercice d’une fonction publique. L’arrêté rappelle également que les prises de parole d’un agent peuvent affecter la confiance des citoyens envers l’administration. Il entre en vigueur dès sa signature.
Une vidéo à l’origine de la sanction
Depuis la veille, les images circulaient sur les réseaux sociaux. Fils Mukoko y appelait à distribuer des armes aux militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi qu’à la population, pour organiser un sit-in devant l’ambassade de Belgique. Visant les Belges et les Occidentaux, il prévenait qu’ils « auront du mal à s’en sortir ».
Dans sa décision de suspension, Léon Mulumba qualifie ces propos d’« extrêmes et à la limite xénophobes ». Le ministre provincial y voit un « manquement grave aux obligations professionnelles » et invoque l’article 19 du Code de bonne conduite de l’agent public de l’État, qui interdit notamment les menaces, les injures et les intimidations.
Cette première mesure devait, selon le document, garantir « la sérénité de l’enquête » ordonnée le même jour par le ministre d’État à la Justice, dans son communiqué n°0037.
Une condamnation au sommet de l’Assemblée
L’affaire a également fait réagir Aimé Boji Sangara. Le président de l’Assemblée nationale a condamné l’appel à armer des civils, jugeant les déclarations de Fils Mukoko contraires à la Constitution et préjudiciables aux relations entre la RDC et la Belgique. Il a demandé que l’enquête judiciaire aboutisse.
La révocation clôt ainsi le volet administratif immédiat de l’affaire. Elle ne préjuge toutefois pas des suites de l’enquête, désormais appelée à examiner les propos qui ont précipité la chute du responsable de la RASKIN.
La Rédaction