A Goma l'AFC-M23 vient de donner ordre à l'ensemble des cadres de base de la ville. Chaque chef de quartier, chef de cellule, chef d'avenue et « Nyumba Kumi » (Dix maisons) est désormais obligé de ramener un jeune pour suivre une formation militaire afin de gonfler les rangs de la rébellion.
L'ordre est formel, faute de s'exécuter, le cadre défaillant sera démis de ses fonctions après comparution devant les autorités du mouvement. La mesure est entrée en vigueur depuis un mois et devra commencer à produire ses effets à partir de ce 19 septembre 2026.
D'où viendront ces jeunes ?
C'est la question qui inquiète toute la ville. Les cadres de base vont-ils être contraints de pêcher ces recrues dans leurs propres familles ? Vont-ils les désigner de force dans leurs entités respectives ? S'interroge Jules Ngeleza, Président du Conseil Communal de la Jeunesse de Goma
Pour cet activiste des droits humains dans la région joint par notre rédaction, il ne fait aucun doute : « C'est une autre forme de recrutement forcé déguisé, avec des menaces directes sur les cadres de base s'ils ne s'exécutent pas. C'est une dérive grave du droit international humanitaire qui interdit l'enrôlement forcé ».
Selon nos sources, des réunions diurnes et nocturnes ont déjà eu lieu dans plusieurs quartiers de Goma, notamment à Ndosho, Mugunga et Majengo, où les chefs de base ont été sommés de présenter des listes.
Une chair à canon pour le front ?
Cette décision intervient alors que les affrontements s'intensifient sur plusieurs fronts, notamment à Masisi et Walikale, où les FARDC appuyées par les Wazalendo opposent une résistance farouche.
Pour la société civile, l'AFC-M23-RDF cherche à jeter la jeunesse de Goma dans la gueule du loup.
Appel à la Vigilance
Les organisations de jeunes de Goma lancent un appel à la vigilance : « Jeunes de Goma, soyez vigilants. La coalition AFC-M23-RDF veut vous jeter dans les dents des FARDC et alliés qui sont devenus plus féroces. Vos familles et la communauté ont encore besoin de vous. Ne cédez pas à la manipulation et au chantage exercé sur vos chefs de base », alerte-t-elles.
Pour l'heure, aucune communication officielle de l'AFC-M23 n'est venue démentir ou confirmer cette instruction, mais sur le terrain, la pression sur les cadres de base est déjà palpable et la peur s'installe dans les familles.
Rédaction