À l’occasion de la clôture du mois dédié aux droits des femmes, les habitantes de la commune de Mulekera, en ville de Beni, ont choisi de transformer la commémoration en un moment de réflexion stratégique sur leur rôle dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Réunies autour du thème « Mwanamke hata choka » (« la femme ne se lassera pas »), elles ont mis en avant une vision engagée : celle d’une femme actrice de paix, mais aussi pilier de la résilience communautaire.
La femme au cœur des enjeux sécuritaires
Intervenant principal de la conférence, l’expert en paix de l’ONG Ubuntu Panafricain, Joseph Tshiamanga, a replacé la femme dans une lecture sécuritaire et historique.
S’appuyant notamment sur l’exemple des Amazones du Dahomey, il a appelé les femmes à jouer un rôle actif dans la protection du territoire et la transmission des valeurs patriotiques aux générations futures.
« La femme doit apprendre à ses enfants la protection de la terre », a-t-il insisté, soulignant que les femmes restent les premières victimes des conflits, notamment à travers les violences sexuelles perpétrées par des groupes armés comme les ADF et le M23.
Entre résilience et responsabilisation
Au-delà du constat, le message central de la rencontre a porté sur la responsabilisation collective face aux violences qui secouent la région.
Dans un discours direct, Joseph Tshiamanga a interpellé la société dans son ensemble : « Si un homme ne peut pas mourir pour la patrie, il ne pourra pas mourir pour la femme. Vous devez nous apprendre à aimer notre pays ».
Un propos qui, bien que tranché, vise à repositionner la femme comme éducatrice de la conscience nationale et socle de la cohésion sociale.
La femme, berceau de la nation
Prenant la parole à son tour, madame Rebeka Sokoni, membre de la commission genre de la jeunesse communale de Mulekera, a insisté sur le rôle structurant de la femme dans la société.
Pour elle, la mission de la femme dépasse la sphère familiale : « La femme ne se fatiguera pas de concevoir, porter et éduquer. Elle éduque la nation, car elle est le berceau de l’humanité ».
Un message qui rejoint une vision largement partagée par les participantes : celle d’une femme comme première actrice de la paix durable.
Une dynamique à renforcer
Les participantes ont salué l’initiative, jugée bénéfique pour l’éveil des consciences. Plusieurs ont plaidé pour la multiplication de ce type de rencontres, estimant qu’elles contribuent à renforcer l’engagement des femmes face aux défis sécuritaires.
Dans une région marquée par les violences récurrentes, ces échanges traduisent une volonté croissante de repositionner les femmes non seulement comme victimes des conflits, mais aussi comme actrices de solutions.
Diddy Mastaki