Les Défenseurs des Droits Humains des provinces du Nord et Sud-Kivu plaident pour la révision de la loi n• 23/027 du 15 juin 2023 adoptée pour sécuriser ces activistes des droits de l’homme. Le 29 juillet 2026 à Kinshasa, ils sont allés rencontrer Adèle Bazizane Maheshe, députée nationale pour solliciter son implication afin qu’elle porte ce projet à l’assemblée nationale lors de la prochaine rentrée parlementaire en septembre. Ces DDH ont, à la même occasion, remis entre les mains cette parlementaire une proposition de modification estimant que certaines dispositions de cette loi imposent trop d’obligations aux Défenseurs des Droits Humains.
« La RDC s'est dotée de cette loi en faveur des défenseurs des droits de l'homme, mais cette loi contient quelques dispositions qui ne favorisent pas le travail des défenseurs des droits de l'homme. Si jamais nous pouvions rester avec ces dispositions, nous ne serions pas en mesure de bien faire notre travail », précise maître Jean-Luc Bahati.
Pour ce Défenseur des Droits Humains, plusieurs dispositions de la loi de 2023 sont discriminatoires à leur égard. Il cite par exemple les articles 26, 27 et 28 qui prévoient des peines beaucoup plus lourdes à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme.
Jean claude Mambo Kawaya qui fait partie de cette structure de défenseurs des l’homme a la même lecture. Il pense que dans la loi de 2023 il y a beaucoup de lacunes qui nécessitent une révision afin de donner beaucoup plus la chance aux DDH d'œuvrer calmement et avec toute quiétude en République Démocratique du Congo.
« Vous trouverez certains articles, même dans son préambule, qui sont en contradiction totale avec la Constitution. Lorsque vous appelez un DDH à s'enregistrer, à faire le rapport chaque mois au gouvernement, allez-y comprendre que vous voulez transformer le DDH en un agent public, en un agent de l'État », a-t-il dit.
De son côté Adèle Bazizane Maheshe députée nationale élue du territoire de walikale au Nord-Kivu a pris le ferme engagement de porter cette initiative au Parlement.
« Je ferai de mon mieux pour que les articles qui portent atteinte à vous, les défenseurs des droits de l'homme, soient corrigés. Parce qu'il est toujours dit que les lois sont rédigées par la représentation du peuple et quand il y a des articles qui ne favorisent pas la population, nous sommes appelés à y revenir. C'est pour cela qu'actuellement, on ne cesse de sensibiliser la population pour dire que nous devons aussi adapter notre Constitution aux réalités et au vécu de la population congolaise », a-t-elle déclaré.
Adèle Bazizane et ces Défenseurs des Droits Humains souhaitent poursuivre leur collaboration pour que cette loi relative à la protection et la responsabilité du défenseur des droits de l’homme en RDC soit vite révisée.
Pacheco Kavundama