Un incident impliquant des pêcheurs et des agents de l’Unité de surveillance de la pêche a été signalé au site de Kalingwa, dans la chefferie de Mokambo, territoire de Mahagi. L’événement serait survenu au lendemain d’une opération de contrôle menée sur le lac Albert par les services chargés de la surveillance des activités de pêche.
D’après les informations recueillies samedi 29 août 2026 par notre rédaction auprès de plusieurs sources locales, l’opération du 21 août visait notamment à vérifier la conformité des activités et des matériels utilisés par certains pêcheurs. À l’issue de cette intervention, 13 moteurs hors-bord auraient été retenus par les services de contrôle pour des vérifications. Parmi ces engins figureraient 11 provenant du camp de pêche d’Ubongwa, un du camp d’Urii 2, également appelé Tchaka, et un autre du camp Wasisi 1, situé dans la chefferie de Mukambu. Les mêmes sources rapportent que l'opération concernait notamment des activités utilisant des filets moustiquaires.
Cette intervention s'inscrit dans un contexte plus large de renforcement du contrôle des pratiques de pêche sur le lac Albert. En juillet 2026, l’Unité de surveillance avait procédé à Kalingwa à l’incinération de plusieurs matériels de pêche considérés comme prohibés, notamment 71 filets moustiquaires, 64 bassines d’hameçons prohibés et 25 tas de monofilaments, en présence des autorités locales, coutumières et sécuritaires ainsi que des représentants des pêcheurs. Des opérations similaires avaient déjà été rapportées dans d’autres zones du lac Albert, notamment à Kadjugi et Kasenyi.
Des dégâts signalés au dépôt de Kalingwa
Le 22 août, des pêcheurs venus, selon les informations recueillies, des camps d’Ubongwa, Adji 1, Adji 2, Chaka et Urii 2 se seraient rendus au dépôt de l’Unité de surveillance à Kalingwa. Des dégâts matériels auraient été enregistrés dans les installations, tandis que deux moteurs hors-bord appartenant au service auraient également été emportés, selon les témoignages recueillis par notre rédaction.
Les circonstances précises de ces faits, ainsi que l’identité des personnes impliquées, restent toutefois à établir par les autorités compétentes. Notre rédaction n’a pas, à ce stade, obtenu de document officiel établissant les responsabilités individuelles liées à ces dommages.
La présence des services de sécurité au centre des interrogations
Une source ayant requis l’anonymat affirme que les autorités militaires locales auraient été informées de la mobilisation des pêcheurs avant leur arrivée à Kalingwa. Selon cette même source, des dispositions auraient été envisagées pour renforcer la sécurité du site.
Ces informations n’ont pas encore pu être corroborées par une communication officielle des autorités militaires ou de la Force navale. Il serait donc prématuré d’établir un lien de responsabilité entre une éventuelle absence d’intervention et les dégâts enregistrés au dépôt.
La rédaction a également pris soin de ne pas attribuer à une personne ou à une unité militaire une quelconque responsabilité dans les faits sans disposer d'éléments officiels permettant de l'établir.
Un problème qui dépasse l'incident de Kalingwa
Au-delà de l'événement du 22 août, la situation pose la question de l'application de la réglementation de la pêche sur le lac Albert et de la gestion des relations entre les services de contrôle et les communautés de pêcheurs.
La réglementation Congolaise encadre les activités de pêche dans les eaux du domaine public. La loi relative à l’eau précise notamment que la pêche et la pisciculture dans ces eaux sont soumises aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur et relèvent de la tutelle des administrations compétentes. La FAOLEX recense également plusieurs textes Congolais portant sur la réglementation de la pêche et les engins prohibés.
Dans le contexte particulier du lac Albert, plusieurs sources documentent depuis plusieurs années les efforts des autorités pour lutter contre l'utilisation de matériels considérés comme destructeurs des ressources halieutiques, notamment les filets à mailles très fines. Radio Okapi avait déjà rapporté les préoccupations des autorités concernant la diminution des ressources halieutiques liée aux mauvaises pratiques de pêche.
Appel à la clarification
À la suite de l'incident, des personnes se présentant comme affectées par les événements sollicitent l'implication des autorités provinciales afin que les circonstances soient établies, que les biens de service éventuellement emportés soient localisés et que les mesures appropriées soient prises.
Elles souhaitent également voir renforcé le dialogue entre les services de surveillance, les autorités locales et les représentants des pêcheurs, afin que les opérations de contrôle puissent se dérouler dans un environnement sécurisé et conformément aux procédures prévues par la réglementation.
À ce stade, notre rédaction présente ces éléments comme des informations recueillies auprès de sources et non comme des faits judiciairement établis. Elle reste disponible pour publier les réactions ou précisions de l’Unité de surveillance, de la Force navale, des autorités territoriales de Mahagi ainsi que des représentants des pêcheurs concernés.
Joël Heri Budjo