Le gouvernement de la République Démocratique du Congo, à travers le ministère de la Justice, a annoncé l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption et de concussion liés à un projet de réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani.
Dans un communiqué officiel rendu public le 22 avril 2026, le ministère indique que cette décision s’inscrit dans le cadre de l’application de l’article 70 de la loi organique portant organisation et fonctionnement des juridictions de l’ordre judiciaire. À cet effet, le Procureur général près la Cour de cassation a été saisi pour diligenter des investigations approfondies.
Selon les informations dévoiléesparlajustice, les faits concernent un contrat conclu entre le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et Institut Congolais pour la Conservation de la Nature. Ce partenariat portait sur la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani.
Les premiers éléments issus des constats de terrain et du rapport de l’Inspection générale des finances révèlent des irrégularités majeures. Un écart significatif et non justifié de 3.300.000 dollars Américains a été identifié entre le montant initialement sollicité, estimé à 700.000 USD, et les fonds effectivement décaissés, qui s’élèvent à 4.000.000 USD.
À cela s’ajoutent des incohérences manifestes entre le niveau d’exécution des travaux et les montants engagés, ainsi que de graves insuffisances en matière de contrôle, de traçabilité documentaire et de supervision technique.
Le ministère de la Justice précise que, sans préjudice du respect de la présomption d’innocence, ces éléments sont suffisamment préoccupants pour justifier la mise en œuvre de l’action publique et la conduite d’investigations appropriées.
Les autorités assurent par ailleurs que cette procédure se déroulera dans le strict respect de l’indépendance des juridictions, du principe du contradictoire et des droits de la défense, conformément aux lois de la République.
Ce dossier s’inscrit dans la dynamique affichée par les pouvoirs publics de renforcer la lutte contre l’impunité et les atteintes à la probité financière. La protection des deniers publics, ainsi que celle des droits des victimes, demeure une priorité de l’action gouvernementale.
Diddy Mastaki