Le médecin et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a vivement réagi à la suite du massacre de civils survenu dans la province de l’Ituri, dénonçant une « dépréciation de la vie humaine » en République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique après les attaques attribuées aux Forces Démocratiques Alliés (ADF), Mukwege s’est dit « stupéfait » face à la persistance des violences qui frappent quotidiennement les populations de l’Est du pays. Il évoque une spirale de barbarie où « des femmes, des hommes et des enfants congolais font l’objet d’actes ignobles », citant notamment des cas de mutilations, de décapitations et d’exécutions sommaires.
Selon lui, ces violences, également attribuées à des groupes armés tels que la CODECO, sont désormais traitées comme de simples faits divers dans l’actualité, révélant une crise morale profonde.
« Notre société banalise le mal sans apporter de solutions face à l’impératif de protection et de sécurité de nos compatriotes », déplore-t-il.
Le dernier massacre, survenu dans la nuit du 1er au 02 avril dans le territoire de Mambasa, à l’Ouest de Bunia, aurait coûté la vie à au moins 43 civils. Un bilan encore provisoire, plusieurs personnes étant portées disparues ou enlevées. Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique, sont régulièrement accusées d’attaques contre des civils et des lieux de culte dans la région.
Face à cette situation, Denis Mukwege appelle à une prise de conscience nationale et internationale. Il estime que de tels drames devraient provoquer « un séisme politique et moral » et conduire à des réformes structurelles profondes. Il met en garde contre l’indifférence croissante face à des violences qu’il juge comparables, par leur ampleur et leur répétition, à des actes pouvant « s’apparenter à un génocide ».
« La Nation Congolaise et le reste du monde ne peuvent continuer de fermer les yeux », insiste-t-il, exhortant à restaurer l’autorité de l’État, la sécurité et l’état de droit dans les provinces de l’Est.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Ituri et le Nord-Kivu, cette nouvelle prise de position du Prix Nobel relance le débat sur l’efficacité des réponses sécuritaires et la nécessité d’une mobilisation plus forte, tant au niveau national qu’international, pour mettre fin aux violences contre les civils.
Diddy Mastaki