La Coordination Gakondo, regroupant des notabilités Banyamulenge, a condamné avec fermeté les déclarations attribuées à Tito Rutaremara, homme politique Rwandais et cofondateur du Front patriotique Rwandais (FPR), l'accusant d'avoir appelé les jeunes Banyamulenge à prendre les armes contre la République Démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié le 15 août 2026, Gakondo affirme que les propos tenus par Tito Rutaremara constituent une incitation à la violence et à la poursuite du conflit dans l'Est de la RDC. La coordination estime que, compte tenu de son parcours politique et de son influence, ces déclarations revêtent une gravité particulière.
Selon le communiqué, Tito Rutaremara aurait appelé les jeunes Banyamulenge à combattre leur propre pays afin de renverser le pouvoir en place à Kinshasa, soutenant que le recours aux armes serait la seule façon d'obtenir justice.
Gakondo considère qu'un tel discours encourage directement la poursuite de la guerre au moment où des efforts diplomatiques sont engagés pour ramener la paix dans l'Est du pays.
La coordination reproche également à l'homme politique Rwandais d'avoir qualifié les Banyamulenge de « Banyarwanda » du Congo, estimant que cette appellation entretient une confusion autour de leur identité Congolaise et cherche à les inscrire dans une logique politique et militaire étrangère à leur nationalité.
Gakondo affirme que cet appel est contraire à l'esprit de l'Accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, dont les objectifs sont notamment la cessation des hostilités, la désescalade, le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États ainsi que le rétablissement durable de la paix dans l'Est de la RDC.
La coordination estime également que ces appels représentent une menace pour les efforts de paix en cours et risquent d'alimenter davantage la radicalisation, le recrutement des jeunes et la prolongation des violences.
Le communiqué appelle les États-Unis d’Amérique, en tant que facilitateur du processus de Washington, ainsi que les autres partenaires internationaux engagés dans les initiatives de paix, à prendre des mesures contre toute personne, organisation ou structure qui, par ses discours, ses actes ou son soutien, ferait obstacle au processus de paix dans la région des Grands Lacs.
Gakondo invite en outre le gouvernement Congolais à défendre avec détermination la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays, tout en empêchant toute extension du conflit menée sous couvert de la question Banyamulenge.
Enfin, la coordination demande à la communauté internationale de prendre des mesures visant au retrait des forces rwandaises du territoire Congolais et à la cessation de tout soutien à l'AFC/M23 et au Twirwaneho/MRDP, conformément aux engagements pris dans le cadre du processus de Doha et de l'Accord de paix de Washington.
Le communiqué conclut en affirmant que les Banyamulenge sont des Congolais et que leur sécurité, leur avenir ainsi que leur quête de justice doivent être construits au sein de la République Démocratique du Congo, et non à travers une guerre contre leur propre pays.
Rédaction