Dans un contexte de pressions internationales croissantes sur le Rwanda, le président Paul Kagame a choisi de recentrer le débat sur la responsabilité interne de la République Démocratique du Congo dans le conflit qui secoue la partie Est du pays.
Plutôt que de répondre directement aux accusations d’ingérence et aux sanctions américaines visant les forces rwandaises, Kagame a présenté le M23, rebaptisé AFC/M23, comme un produit des tensions politiques congolaises. Le président a suggéré que les racines du conflit résident dans des alliances et fractures internes, incluant des liens avec l’ancien président Joseph Kabila, et non dans une intervention extérieure.
Sur la question des troupes Rwandaises stationnées dans l’Est, Kigali adopte une position conditionnelle : tout retrait doit s’accompagner d’un engagement réciproque de Kinshasa. Selon Kagame, un déséquilibre dans l’application des accords internationaux compromettrait toute tentative de désescalade durable.
Le chef de l’État Rwandais a également pointé du doigt la médiation Américaine, qu’il juge « partiale », appelant à une approche plus équilibrée. Cette critique subtile souligne la perception d’une pression disproportionnée sur le Rwanda, tandis que les responsabilités Congolaises seraient moins examinées par la communauté internationale.
Cette prise de position reflète une stratégie diplomatique constante de Kigali : rejeter toute implication directe dans le M23 tout en mettant en avant les fragilités politiques et sécuritaires internes de la RDC. Dans une région où les accusations de soutien militaire au M23 sont récurrentes, cette posture confirme que la résolution de la crise dépendra autant des dynamiques internes Congolaises que des négociations internationales.
La tension entre Kigali et Kinshasa illustre un dilemme majeur pour la diplomatie régionale : comment avancer vers la paix lorsque chaque partie cherche à se prémunir contre les pressions extérieures tout en protégeant sa légitimité politique.
Diddy Mastaki