À Kinshasa, la question sécuritaire des Congolais vivant à l’étranger s’est invitée au cœur des échanges lors de la séance plénière tenue ce jeudi à l’assemblée nationale. Présidant les travaux, le président de la chambre basse du parlement, Aimé Boji Sangara, a exprimé sa vive préoccupation face aux actes d’insécurité visant les ressortissants Congolais établis en Afrique du Sud.
Face à la gravité de la situation et aux misères dont les congolais de la partie Orientale de la République Démocratique du Congo sont confrontés, Aimé Boji, le Speaker de l’assemblée nationale a condamné les violences et les menaces auxquelles font face plusieurs compatriotes dans ce pays d’Afrique Australe.
Pour lui, afin de s’imprégner de la situation sur place et d’apporter une réponse institutionnelle appropriée, il a annoncé l’envoi imminent d’une mission parlementaire en Afrique du Sud.
« L’Assemblée nationale ne peut rester indifférente face aux souffrances de nos compatriotes vivant à l’étranger », a-t-il laissé entendre devant les députés nationaux, insistant sur la nécessité de garantir la sécurité et la dignité des Congolais partout où ils se trouvent.
Par ailleurs, profitant de cette tribune, il a également salué la récente intervention médiatique du Président de la Republique Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
D'après lui, cette prise de parole du Chef de l’État a permis de rassurer la population et de réaffirmer l’engagement des institutions de la République à défendre les intérêts du peuple Congolais.
Outre les questions sécuritaires, la plénière a été dominée par l’examen de plusieurs textes législatifs majeurs inscrits à l’ordre du jour.
Parmi eux figurait la proposition de loi portant création et organisation de la profession d’huissier de justice. Le rapporteur de l’Assemblée nationale, le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, a procédé à la lecture détaillée du texte devant la représentation nationale.
En RDC, cette réforme entend corriger diverses insuffisances constatées dans l’application de la loi actuelle. Elle vise notamment à clarifier les attributions de l’huissier de justice, définir avec précision les actes relevant de sa compétence et prévenir les conflits d’attributions avec d’autres agents publics.
Le texte prévoit également l’introduction de nouvelles dispositions complémentaires, notamment les articles 7 bis, 32 bis et 46 bis, ainsi que l’intégration des dispositions finales et abrogatoires jugées nécessaires à une meilleure application de la loi.
À l’issue des débats, la proposition de loi a été adoptée à l’unanimité par les députés nationaux avant sa transmission au Sénat pour une seconde lecture.
Les élus nationaux se sont également penchés sur le projet de loi relatif aux marchés boursiers en République Démocratique du Congo, présenté par la commission Économique, Financière et de Contrôle Budgétaire (ECOFIN).
Présentant le rapport de la commission, le rapporteur adjoint Mukudi Nyembo Kahumba Emmanuel a indiqué que les travaux ont porté sur l’analyse approfondie de l’exposé des motifs ainsi que de chacune des dispositions du texte défendu par le ministre des Finances.
Après examen, la commission ECOFIN a apporté plusieurs ajustements de forme et de fond afin de renforcer le contenu du projet de loi. Sur les 153 articles que comporte le texte, 30 ont été adoptés avec amendements tandis que les 123 autres ont été validés sans modification.
La plénière a finalement voté la recevabilité du projet de loi relatif aux marchés boursiers. Un délai supplémentaire a été accordé aux députés nationaux afin de permettre le dépôt d’éventuels amendements avant l’adoption définitive du texte.
Avant l’examen des différents rapports, plusieurs députés nationaux ont soulevé des motions d’information liées à la détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs provinces du pays.
Face à la persistance de l’insécurité, les élus ont appelé le gouvernement à renforcer les dispositifs de protection des populations civiles et à intensifier les efforts pour restaurer durablement la paix sur l’ensemble du territoire national.
Pour rappel, cette plénière aura ainsi été marquée à la fois par des préoccupations sécuritaires nationales et internationales, mais également par une avancée significative dans le traitement de plusieurs réformes législatives jugées importantes pour le fonctionnement des institutions et le développement économique du pays.
Rédaction