La coordination de la jeunesse intercommunautaire du Nord-Kivu est sortie de son silence ce lundi 18 mai 2026 pour appeler à l’apaisement entre le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Somo Kakule Evariste, et le député national Crispin Mbindule Mitono, alors que les tensions entre les deux personnalités continuent d’alimenter le débat politique dans la province et toute la sphere politique Congolaise.
Dans une déclaration rendue publique à Beni, cette structure de jeunes estime que les divergences observées entre les deux autorités interviennent dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri.
« Nous condamnons les guéguerres et tensions observées entre l’honorable et le gouverneur militaire du Nord-Kivu et demandons à ces deux autorités, investies de mandats publics distincts, de privilégier la sagesse, le dialogue et l’intérêt supérieur de la province », souligne la jeunesse intercommunautaire.
Cette prise de position intervient alors que les relations entre Crispin Mbindule et l’autorité provinciale se sont fortement dégradées ces dernières semaines sur fond d’accusations croisées, de critiques autour de la gestion sécuritaire et d’échanges médiatiques tendus.
La jeunesse intercommunautaire redoute que cette crise politique n’affaiblisse davantage la cohésion dans une province déjà confrontée aux offensives du M23 dans certaines zones ainsi qu’aux massacres récurrents attribués aux combattants ADF dans les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu.
Selon cette structure, les tensions entre responsables politiques et militaires risquent de détourner l’attention des véritables priorités sécuritaires et d’offrir « des opportunités de déstabilisation » aux groupes armés actifs dans la région.
Dans son message, la coordination appelle également le comité des sages et les autorités nationales à intervenir afin de favoriser un rapprochement entre les deux personnalités, rappelant qu’elles sont issues d’une même communauté et qu’elles devraient, selon elle, œuvrer dans le sens de la cohésion et de la stabilité.
Par ailleurs, la jeunesse intercommunautaire réaffirme son soutien aux FARDC, au président Félix Tshisekedi ainsi qu’aux autorités provinciales engagées dans la lutte contre les groupes armés.
Elle recommande également le renforcement des patrouilles conjointes entre les FARDC, les UPDF et la MONUSCO dans les zones régulièrement frappées par les attaques des ADF.
Tout en reconnaissant le droit des élus à exercer leur mission de contrôle parlementaire, cette organisation appelle enfin les acteurs politiques à éviter les déclarations susceptibles, selon elle, de fragiliser le moral des forces engagées sur les lignes de front.
Diddy Mastaki