En République Démocratique du Congo la question du changement ou modification de la constitution continue à diviser les acteurs politiques, société civile, confessions religieuses et autres couches sociales de la population. Alors que les partis politiques membres de l'Union Sacrée de la Nation sont favorables au changement de la loi fondamentale du pays, d’autres acteurs politiques ont un avis contraire.
C’est le cas de Maître Jean-Paul Lumbulumbu qui pense que la priorité serait d’abord le retour de la paix dans l’Est du pays. Invité sur les plateaux de la chaîne de télévision Télé 50 émettant depuis la ville de Kinshasa, cet ancien Vice-Président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu souligne « qu’il existe des dispositions constitutionnelles qui méritent une révision ».
Me Jean-Paul Lumbulumbu qui est déplacé de guerre à cause de l’occupation d’une grande partie des provinces du Nord et Sud-Kivu donne ainsi son point de vue comme notable du Nord-Kivu et membre de l’Union Sacrée.
« La province du Nord-Kivu est aujourd’hui sous occupation du Rwanda, ça veut dire que la préoccupation majeure pour la population de la partie Est de la République pour le moment c’est le retour de la paix, la question de la révision de la constitution ou changement devient pour moi une question mineure par rapport à la question du retour immédiat de la paix », indique Jean-Paul Lumbulumbu.
Jean-Paul Lumbulumbu qui est aussi constitutionnaliste trouve inopportun ce sujet qui divise la classe politique.
Cet avocat et ancien député provincial du Nord-Kivu rassure toutefois que « si le Rwanda quitte aujourd’hui la partie Est de la République, toute la population de cette partie va accompagner le président de la république dans la révision de constitution. Je ne veux pas me dédire ici que pour le moment il faudrait privilégier le changement, oui c’est normal il peut être changé mais l’opportunité de la révision de la constitution est prévue même dans la même constitution voir article 2019 qui stipule que lorsque le pays est dans une situation d’état de siège, aucune révision ne peut avoir lieu, il se pose donc le problème de l’opportunité, l’importance de la révision je la confirme et je suis d’avis qu’il y a des dispositions qu’il faut impérativement révisées mais la question de l’opportunité se pose ».
Ce cadre de l’Union Sacrée de la Nation appuie l’idée du président de la République qui dans ses différentes sorties médiatiques avait dit qu'il n'y aura pas d'élection sans le Nord et Sud-Kivu. Le référendum étant lui-même une élection donc il n’y aura pas de référendum, ajoute Jean-Paul Lumbulumbu.
Cet acteur politique reste convaincu que la paix va revenir bientôt dans la partie Est du pays cela grâce aux différentes démarches diplomatiques que Félix-Antoine Tshisekedi est en train de mener, faisant référence aux processus de Doha, États-Unis, Suisse et le tout récent processus de Bujumbura où les opposants Congolais ont été conviés par le plus président Burundais pour réfléchir sur certaines questions d’actualité en RDC.
Pacheco Kavundama