Un groupe de jeunes motocyclistes a attaqué, ce lundi 24 août 2026 dans la matinée, le Centre médical Rwenzori à Beni, pour réclamer la restitution du corps d’un homme conservé à la morgue dans le cadre d’une procédure visant à déterminer les circonstances de son décès. L’incident a causé d’importants dégâts matériels et relancé les inquiétudes sur la résistance communautaire à la riposte contre Ebola.
La tension est brièvement montée d’un cran ce lundi au Centre médical Rwenzori, dans la ville de Beni.
Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs jeunes motocyclistes se sont dirigés vers cette structure sanitaire pour réclamer la levée du corps d’un homme décédé, conservé à la morgue dans l’attente des résultats d’une autopsie.
La procédure avait été engagée dans le cadre des mesures de prévention liées à la maladie à virus Ebola, afin de déterminer les circonstances exactes du décès avant toute évacuation du corps.
Des dégâts matériels au Centre médical Rwenzori
La situation a dégénéré lorsque les jeunes ont tenté de récupérer le corps par leurs propres moyens.
Toujours selon les témoignages, ils ont caillassé le Centre médical Rwenzori, occasionnant d’importants dégâts matériels. Ils auraient ensuite tenté de retirer le corps de la morgue avant de l’évacuer à bord d’une moto.
L’intervention a momentanément perturbé l’ordre public dans cette partie de Beni.
Au-delà des dégâts enregistrés, l’incident met une nouvelle fois en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées les équipes sanitaires dans le cadre de la riposte contre Ebola.
La résistance communautaire inquiète
Dans une région où la confiance entre certaines communautés et les acteurs de la riposte sanitaire demeure fragile, ce nouvel incident intervient comme un signal préoccupant.
La conservation temporaire d’un corps dans une morgue, notamment lorsqu’un décès est considéré comme suspect, répond à des impératifs sanitaires visant à éviter une éventuelle contamination lors de la manipulation ou des funérailles.
Mais ces mesures peuvent également susciter incompréhensions et tensions au sein des familles lorsque leur justification n’est pas suffisamment comprise.
À Beni, des habitants appellent désormais les autorités urbaines à renforcer la sécurité autour des structures sanitaires, particulièrement celles qui disposent de morgues et qui sont directement impliquées dans la prise en charge des décès suspects.
Protéger les structures et le personnel médical
Pour plusieurs habitants, la sécurisation des centres de santé constitue désormais un impératif afin d’éviter la répétition de scènes similaires.
Ils estiment que les structures sanitaires doivent pouvoir continuer à accueillir les malades et conserver les dépouilles dans des conditions sécurisées, tandis que le personnel médical doit pouvoir exercer sans être exposé aux violences.
Dans le contexte actuel de la riposte contre Ebola, la collaboration entre les communautés, les autorités et les équipes sanitaires apparaît plus que jamais indispensable.
Car au-delà de la question d’un corps réclamé par une famille, c’est aussi la capacité de la ville à gérer les décès suspects sans exposer davantage la population qui est en jeu.
Diddy Mastaki