Au moins quatre civils ont été tués vendredi dans le centre du territoire de Masisi, dans l'est de la République démocratique du Congo, lors d'une attaque par drone ayant visé les bureaux d'une organisation humanitaire, a-t-on appris de sources locales.
Le bombardement a frappé les installations de l'ONG War Child, située dans le chef-lieu du territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Selon un bilan provisoire, quatre personnes, tous des civils, ont péri dans cette attaque qui a provoqué un mouvement de panique généralisée au sein de la population.
« Nous déplorons le bombardement par drone de Masisi-centre. C’est une tragédie de trop qui a coûté la vie à plusieurs civils innocents », a déclaré le député national Ayobangira Safari, élu de la circonscription. L'élu a réclamé l'ouverture d'une « enquête indépendante pour établir les responsabilités » afin que justice soit faite.
Le territoire de Masisi est le théâtre de violents affrontements opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) aux rebelles de l'Alliance Fleuve Congo (AFC-M23). Comme à l'accoutumée dans cette région meurtrie par les conflits, les deux parties se rejettent mutuellement la responsabilité de ce nouveau drame.
« Cette guerre n'a que trop duré. Plus tôt nous y mettrons fin, plus nous sauverons des vies », a martelé le député Safari, appelant à une cessation immédiate des hostilités.
Depuis plusieurs mois, l'utilisation de drones de combat dans le conflit du Nord-Kivu a entraîné une multiplication des dommages collatéraux. Les populations civiles, prises entre deux feux, vivent dans une précarité croissante, ne sachant plus vers qui se tourner pour leur sécurité.
L’ONG War Child, dont les bureaux ont été directement touchés, intervient habituellement auprès des enfants touchés par les conflits armés dans cette zone instable de l'est de la RDC.
Pacheco Kavundama