L’ancien ministre et analyste politique Steve Mbikay a livré une lecture sévère de la progression rapide des forces Rwandaises et de leurs alliés, de Bunagana jusqu’à Uvira, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Selon lui, cette avancée ne saurait être imputée à une faiblesse des soldats congolais engagés sur le terrain.
Dans une analyse rendue publique, Steve Mbikay estime que les causes profondes sont à rechercher au sein même de l’appareil militaire. Il évoque une infiltration progressive des Forces armées de la RDC (FARDC), conséquence des processus de brassage successifs, ainsi que la corruption de certaines « consciences » au niveau du commandement.
« Le front ne s’est pas seulement effondré dans les tranchées, il a été miné derrière nos casernes », affirme-t-il, suggérant que les dysfonctionnements internes ont lourdement pesé sur l’efficacité opérationnelle des forces loyalistes. Pour Mbikay, lorsque des intérêts financiers prennent le pas sur les impératifs militaires, les effets se font inévitablement sentir sur le théâtre des opérations.
Cette prise de position relance le débat sur la gouvernance, la loyauté et la discipline au sein de l’armée congolaise, dans un contexte où les revers militaires ont alimenté interrogations et critiques au sein de l’opinion publique.
Steve Mbikay se montre toutefois optimiste quant aux réformes en cours. Il estime que la « purge » actuellement menée sous l’autorité du commandant suprême des forces armées pourrait permettre de restaurer l’intégrité, la crédibilité et l’efficacité des FARDC. Selon lui, cet assainissement est une étape nécessaire pour redonner à l’armée congolaise « ses lettres de noblesse » et renforcer sa capacité à faire face aux défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays.
Diddy Mastaki