Dans la chefferie des Bahema-Badjere la localité de Bule-Centre, dans le territoire de Djugu, a été plongée ce vendredi 16 janvier dans la peur et le chaos, alors que de violents affrontements ont éclaté dès 06 heures du matin.
Dans cette partie nord située à près de 90 kilomètres de la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, les tirs ont duré jusqu’à 14h 30, exposant les habitants à un danger permanent.
Les FARDC étaient visibles dans le centre après les échanges de tirs, mais aucune réaction officielle n’a été émise par l’armée malgré nos multiples tentatives pour contacter le porte-parole du secteur opérationnel.
Selon Desire Malo Draa, Président de la société civile des Bahema-Badjere, la présence des militaires n’a pas suffi à protéger les civils « Même près des positions des FARDC, les gens restent à la Belle Étoile, à la merci des balles », déplore-t-il.
Depuis le 05 décembre dernier, date à laquelle les affrontements entre la milice CRP et les FARDC ont éclaté, la vie à Bule est paralysée. Les écoles, commerces et activités privées sont fermés, et la population survit dans des conditions extrêmement précaires.
Nombreux sont ceux qui vivent dans des abris de fortune faits de bâches, sans eau potable ni nourriture, et incapables d’accéder à leurs champs, rapporte les forces vives locales.
Le bilan humain et matériel reste difficile à établir, faute d’accès aux zones les plus touchées par les combats. Sur place, la société civile rapporte déjà un corps tué par balle et plusieurs blessés, tandis que d’autres victimes seraient cachées dans leurs maisons ou fuient les tirs pour tenter de récupérer des biens.
Pour Desire Malo Draa, la situation reste dramatique « la population continue d’endurer la souffrance, sans assistance et sans perspective d’aide immédiate ».
Joël Heri Budjo