Dimanche 26 janvier 2025, c'est l’anniversaire affreux de l’assaut de l’AFC/M23 sur la ville de Goma restera gravé dans la mémoire de milliers d’habitants. Une année jour pour jour après l’entrée simultanée des rebelles sur les fronts Nord et Est, la ville était tombée dès le lendemain matin, le 27 janvier, plongeant la population dans un chaos humain et socio-économique difficilement maîtrisable.
Une année de violences et de peur
Les habitants rapportent des scènes de violence d’une intensité inédite. Exécutions sommaires dans plusieurs quartiers, enrôlement forcé des jeunes dans les rangs de la rébellion, détentions arbitraires, pillage systématique des ressources naturelles à destination du Rwanda via le poste de contrôle de Mubambiro,… autant de marques d’une occupation qui a profondément fragilisé la société civile.
Pour beaucoup, le souvenir est encore vif. « J’ai perdu deux frères lors de l’assaut, raconte Jean-Pierre, commerçant à Goma. Les rues étaient remplies de corps et la ville est devenue un territoire où chacun se méfiait de l’autre. Personne ne savait si les forces de l’ordre étaient encore là ou si la rébellion contrôlait tout ».
Avec la fuite des autorités provinciales vers Beni, au Nord de la province, la gouvernance de la ville a été assurée par des structures parallèles, accentuant le sentiment d’abandon et l’insécurité.
Impact socio-économique et humanitaire
Les conséquences économiques sont également lourdes. Le commerce a été paralysé, de nombreux marchés pillés et les infrastructures essentielles endommagées.
« Nous avons dû fermer nos boutiques pendant des mois, témoigne Fatoumata, vendeuse de vivres. Les prix ont explosé et certains quartiers étaient complètement privés d’électricité et d’eau potable », a-t-il ajouté.
Les écoles et centres de santé ont été fermés, fragilisant encore davantage les couches les plus vulnérables. Les familles déplacées craignent pour la sécurité de leurs enfants et dénoncent l’endoctrinement des jeunes par la rébellion.
Voix de la population : entre résilience et colère
« Nous avons survécu à une année de peur constante, dit Samuel, jeune homme de 22 ans. Mais nous voulons que le monde sache ce qui s’est passé ici. Nous ne voulons pas que l’histoire soit effacée ».
D’autres expriment une colère sourde face aux pillages : « Nos ressources naturelles ont été volées, et le contrôle des rebelles a permis leur transfert vers le Rwanda sans aucun bénéfice pour nous », dénonce Mireille, commerçante en pierres précieuses.
Que retenir de cette année d’occupation ?
Un an après l’assaut, Goma reste une ville marquée par les cicatrices physiques et psychologiques laissées par la rébellion. La population réclame justice, protection et rétablissement effectif de l’autorité de l’État. Les habitants appellent à une intervention durable des institutions congolaises et internationales pour restaurer la sécurité, protéger les civils et relancer l’économie locale.
Le souvenir de cette année tragique continue de façonner la mémoire collective et souligne l’urgence d’un rétablissement rapide de la gouvernance et de la stabilité dans cette province stratégique de l’Est Congolais.
Rédaction