La paroisse Saint Joseph Travailleur de Bule, dans le territoire de Djugu (Ituri), a été profanée et saccagée entre le 14 et le 16 février 2026, suscitant l’indignation du diocèse de Bunia et la mobilisation des autorités militaires provinciales.
Selon le message publié par le Vicaire général du diocèse, Mgr Eustache-Roger Tsorove, l’église et le presbytère ont subi d’importants dégâts matériels : toitures trouées, murs et vitres endommagés par balles et obus, et plusieurs biens de valeur emportés. L’Église dénonce également la profanation du Saint-Sacrement et appelle les autorités à faire toute la lumière sur cet acte.
Bule reste une localité fragile, régulièrement au centre des affrontements entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens de la CRP, en présence de la MONUSCO et de l’Uganda People's Defence Force (UPDF).
Depuis décembre 2025, la population locale subit une spirale de violences : pertes en vies humaines, violences sexuelles, arrestations arbitraires, fermeture des écoles et des structures sanitaires. Le diocèse souligne que la majorité des chrétiens vivent dans des sites de déplacés depuis 2019 et que cette situation humanitaire devient critique.
En réaction, l’administration militaire de l’Ituri, sous le commandement du Lieutenant-Général Luboya N’kashama Jonny, affirme s’être saisie du dossier. Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole du gouverneur militaire, a indiqué que certains éléments des FARDC, accompagnés d’un civil, ont été arrêtés et transférés devant la justice militaire pour répondre de leurs actes.
L’administration militaire a condamné « avec la plus grande fermeté » cette profanation, tout en rappelant que « l’ennemi de la République demeure la CRP et non les FARDC », appelant à éviter toute stigmatisation généralisée de l’armée.
Le diocèse de Bunia invite les fidèles à intensifier la prière pour la réconciliation et la paix dans la province. Il demande également l’ouverture d’un accès humanitaire afin de venir en aide aux populations vulnérables de Bule et de ses environs et exhorte les porteurs illégaux d’armes à déposer les armes et à embrasser le chemin de la paix.
Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire déjà fragile, où les civils paient un lourd tribut aux affrontements armés et où la protection des populations reste une priorité urgente pour les autorités et les humanitaires.
Joël Heri Budjo