Une frappe de drone attribuée aux FARDC aurait visé, dans la nuit du 23 au 24 février, une maison à Rubaya, au cœur du territoire minier de Masisi. Selon des sources locales, le porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, figurerait parmi les victimes. À ce stade, ni confirmation officielle du mouvement rebelle ni démenti formel ne sont intervenus, sur fond d’intensification des combats dans le Nord-Kivu.
Mort, blessé ou vivant ? C’est la question que se posent des milliers de Congolais quant au sort du porte-parole militaire de l’AFC-M23. Les lieux où il aurait été aperçu pour la dernière fois auraient été la cible de frappes menées par les Forces armées congolaises, alimentant rumeurs, spéculations et guerre de communication dans un contexte sécuritaire déjà explosif.
Parallèlement, plusieurs sources locales affirment que le porte-parole du groupe rebelle aurait été tué vers 2 heures du matin lors d’une frappe de drone attribuée aux FARDC. D’après les informations recueillies sur place, l’attaque aurait visé une maison d’habitation située dans une ferme locale. Neuf corps auraient été extraits des décombres, parmi lesquels figurerait celui de Willy Ngoma, sans qu’une confirmation indépendante ne soit encore venue étayer ces déclarations.
Cette opération intervient alors que les FARDC accentuent leur pression autour de Rubaya, zone stratégique pour l’exploitation du coltan. Le site, passé sous contrôle rebelle en avril 2024, constitue un enjeu économique majeur dans le conflit qui oppose Kinshasa au M23 et à ses alliés.
Un coup dur pour la rébellion
Figure médiatique du mouvement, Willy Ngoma incarnait la voix officielle du M23 sur le terrain militaire. Sa disparition, si elle est confirmée, représenterait un revers significatif pour la rébellion, déjà confrontée à une intensification des opérations loyalistes dans le Nord-Kivu.
À ce stade, le M23 n’a ni confirmé ni infirmé la mort de son porte-parole. Dans les premières heures suivant les frappes, un autre porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a dénoncé des bombardements « aveugles » menés par des drones des « forces coalisées du régime de Kinshasa » contre la cité de Rubaya, accusant les autorités congolaises de violer le cessez-le-feu.
Il a également évoqué des attaques contre des zones densément peuplées cette fois, dans le territoire de Kalehe, parlant de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité ».
Escalade militaire et incertitudes diplomatiques
La séquence intervient dans un contexte diplomatique fragile, marqué par des tentatives de médiation régionales et internationales pour contenir l’embrasement dans les provinces orientales. Sur le terrain, toutefois, les lignes de front demeurent actives et les combats sporadiques.
Si la mort de Willy Ngoma venait à être confirmée officiellement, elle pourrait modifier les équilibres internes du M23 et influencer la dynamique militaire autour du corridor minier de Rubaya, où se joue une part essentielle de la bataille économique du Nord-Kivu.
Dans l’immédiat, la région reste suspendue aux confirmations des différents protagonistes et à l’évolution d’un front où l’usage croissant des drones redessine les contours du conflit.
Rédaction