Le mois de mars 2026 a enregistré un niveau exceptionnel de violences dans l’Est de la République Démocratique du Congo, avec un total de cinq cents quarante-quatre (544) enlèvements documentés, selon le Baromètre Sécuritaire du Kivu (KST). Il s’agit du chiffre mensuel le plus élevé depuis la reprise de cet outil de suivi en octobre 2025, et potentiellement d’un record historique.
La majorité de ces enlèvements est attribuée aux Forces Démocratiques Alliées (ADF), un groupe armé actif dans la région. À elles seules, ces dernières seraient responsables de plus de quatre cents (400) enlèvements dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri.
Le groupe armé aurait également été localisé pour la première fois dans la province du Haut-Uélé, une avancée qui confirme une extension progressive de son rayon d’action vers l’intérieur du territoire congolais. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique observée depuis le lancement de l’opération militaire conjointe Shujaa, menée par les Forces Armées ougandaises et Congolaises depuis 2021.
Selon ce rapport de Ebuteli, les ADF auraient renforcé leur influence locale dans certaines zones périphériques de Mambasa-centre, où des habitants rapportent l’imposition de taxes illégales par des hommes armés.
Par ailleurs, dans les zones sous contrôle de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), la situation militaire reste globalement stable sur les lignes de front, malgré la poursuite des initiatives diplomatiques dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha.
Cependant, plusieurs rapports font état d’exactions attribuées au M23 dans les zones qu’il administre. L’usage de drones a également été signalé à plusieurs reprises, touchant de manière inédite la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu actuellement sous occupation du mouvement rebelle.
Par contre dans le territoire de Djugu, les violences ont repris après une période d’accalmie. La milice de la Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO) est de nouveau accusée de massacres de civils, ravivant les tensions dans cette partie de la province de l’Ituri.
Dans ce contexte sécuritaire dégradé, les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) poursuivent leurs opérations militaires contre l’insurrection de la Convention pour la révolution populaire, dans le cadre de leurs efforts visant à rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées par les groupes armés.
Diddy Mastaki