Le territoire de Lubero est plongé dans une profonde colère. Le lundi 04 mai 2026, les forces vives de la commune ont brisé le silence pour dénoncer une tragédie qui secoue la région : la découverte macabre des corps de deux (02) jeunes compatriotes, victimes d'une barbarie inouïe sur la colline Mukove.
L'effroi a commencé le jeudi 30 avril dernier lorsque Kakule Saanane Love, un jeune taximan de 18 ans, et sa cliente Katungu Sivahikyako Espérance, également âgée de 18 ans, ont disparu alors qu'ils effectuaient le trajet entre Butembo et Lubero. Après trois (03) jours d'incertitude, leurs corps sans vie ont été retrouvés dimanche 03 mai, enterrés dans des conditions inhumaines dans une fosse commune de fortune.
Le site de cette découverte n'est pas anodin : il s'agit d'une position occupée par des éléments « Wazalendo » située à Kimbulu, dans le groupement Luongo.
Face à cette horreur, la Société Civile de Lubero pointe directement du doigt les autorités locales. Dans une déclaration officielle, elle dénonce un « silence coupable » du conseil de sécurité territorial qui, selon les représentants de la population, aurait minimisé les alertes lancées dès la disparition des deux jeunes gens. Cette passivité apparente de l'administration militaire est aujourd'hui au cœur de la contestation.
Les revendications portées par les forces vives sont fermes et sans équivoque. Elles exigent l'arrêt immédiat de toute activité sur la colline Mukove, suspectant la présence d'autres corps et d'engins explosifs abandonnés. Sur le plan judiciaire, la population réclame que l'auditorat militaire de Butembo-Lubero diligente des enquêtes sérieuses et organise des audiences foraines afin que justice et réparation soient rendues publiquement. Par ailleurs, un appel est lancé pour que les éléments Wazalendu soient strictement déployés sur les lignes de front, loin des zones civiles.
La colère s'est désormais transformée en un bras de fer avec le pouvoir provincial. En signe de protestation, les forces vives ont décidé de maintenir les journées « sans taxi » dans toute la commune. Elles ont également averti que l'inhumation des victimes ne pourrait avoir lieu qu'à deux conditions : la présence effective du Gouverneur militaire du Nord-Kivu sur les lieux et le départ immédiat de l'Administrateur militaire du territoire de Lubero.
Gloiredo Ngise