Une vive psychose a envahi la ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, en début de soirée de ce mardi 12 mai 2026, à la suite de l’assassinat d’un motocycliste à la place communément appelée « Riserie », dans les environs de Nyaleke.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la victime aurait été attaquée par des hommes armés non identifiés qui l’ont dépouillée de ses biens avant d’emporter sa moto vers une destination inconnue. Cet incident a rapidement provoqué un climat de peur et de colère au sein de la population locale, particulièrement parmi les conducteurs de motos-taxis.
Peu après l’annonce de ce meurtre, des regroupements de motocyclistes ont été observés dans plusieurs quartiers de la ville, alors que la circulation et certaines activités socio-économiques connaissaient déjà des perturbations.
« Nous sommes consternés par cette recrudescence de l’insécurité. Trop c’est trop. Qu’on nous tue alors parce que nos vies semblent ne pas avoir de valeur aux yeux des autorités », a déclaré, sous le choc, un motocycliste rencontré par notre rédaction.
Cet assassinat intervient dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu dans la région de Beni et de l’Ituri, marqué ces derniers jours par une recrudescence des attaques attribuées aux combattants des ADF affiliés au groupe État islamique.
La situation coïncide également avec l’annonce d’une journée « ville morte » en préparation dans la ville de Beni afin de dénoncer les massacres récurrents des civils dans plusieurs localités du territoire de Beni ainsi qu’en Ituri.
Cependant, cette initiative suscite aussi des inquiétudes dans une ville fortement affectée par la crise économique et les déplacements de populations liés à l’insécurité.
« On nous annonce une marche contre les massacres qui viennent de refaire surface. Pour nous, il faut éviter que cela ne perturbe davantage le cours normal de la vie. Beni connaît aujourd’hui une très forte densité de population. Plus de 80 % des habitants vivent de la débrouillardise et dépendent des revenus journaliers. Une paralysie des activités serait encore un autre manque à gagner », explique un habitant de la ville.
Dans plusieurs coins de Beni, la population appelle désormais les autorités sécuritaires à renforcer les mécanismes de protection des civils et à lutter efficacement contre la criminalité urbaine qui semble prendre une ampleur inquiétante ces dernières semaines.
Diddy Mastaki