L’Union des Femmes des Médias pour la Paix (UFMP) au Sud-Kivu appelle la population du milieu à adopter un langage responsable et pacifique, aussi bien en ligne que hors ligne, face à la propagation de messages discourtois et incitant à la haine sur plusieurs plateformes.
« La violence verbale est une violence. En ligne comme hors ligne. Utilisez vos mots pour construire des ponts, jamais des murs », rappelle l’UFMP.
Selon l’organisation, cet appel s’inscrit dans une démarche visant à sensibiliser la population sur les conséquences souvent sous-estimées des propos haineux, des discours stigmatisants et de la désinformation.
Ce message est lancé dans le cadre de sa campagne « Ensemble, bâtissons une paix durable », initiée depuis le début du mois de mars dans l’objectif principal de contribuer à la restauration de la cohésion sociale à Uvira, à travers la lutte contre la propagation des messages de haine, la désinformation et les violences communautaires.
« La ville d’Uvira, siège provisoire des institutions provinciales du Sud-Kivu, a récemment été affectée par des perturbations majeures liées aux conflits armés dans la région. La présence accrue et les mouvements d’hommes armés, consécutifs notamment à la chute de la ville de Bukavu, ont profondément impacté la sécurité, la stabilité et les relations sociales au sein des communautés.
Cette situation a engendré une série de violences communautaires caractérisées par des pillages systématiques, la destruction de biens publics et privés, des assassinats ciblés, des cas de vols et de violences sexuelles, ainsi que la perte des moyens de subsistance pour de nombreuses familles. Ces événements ont également provoqué des traumatismes psychologiques et renforcé la méfiance entre certaines communautés.
« C’est dans ce contexte que nous avons été motivées à mettre en place cette campagne, afin de contribuer à la prévention des conflits en réduisant la circulation des discours haineux, en renforçant la confiance entre les communautés et en encourageant une culture de dialogue et de tolérance, mais aussi en mobilisant les médias et les citoyens comme acteurs clés de la paix, capables d’influencer positivement les comportements et les perceptions », précise l’UFMP.
Elle souligne que les mots peuvent soit attiser les divisions, soit contribuer à la réconciliation.
« Promouvoir un langage respectueux et responsable constitue un levier essentiel pour apaiser les tensions et reconstruire le vivre-ensemble », poursuit-t-elle.
En outre, l’UFMP insiste sur le rôle central des médias dans la diffusion de messages constructifs. Selon elle, les professionnels des médias ont la responsabilité d’orienter l’opinion publique vers des valeurs de paix, de cohésion sociale et de respect mutuel.
L’Union des Femmes des Médias pour la Paix invite chaque citoyen, leader communautaire, acteur de la société civile et utilisateur des réseaux sociaux à s’engager activement dans la promotion d’un discours apaisé. La construction d’une paix durable passe aussi par un changement des comportements individuels, notamment dans la manière de communiquer, ajoute-t-elle.
« La paix durable ne peut être atteinte sans l’implication de tous. Chaque parole compte, et chaque citoyen a le pouvoir de contribuer, à son niveau, à bâtir une société plus juste, plus solidaire et résolument tournée vers la paix », conclue l’organisation.
Rédaction