Après quinze années d’interruption, le train urbain de Kinshasa a repris du service, mardi 30 juin 2026, à l’initiative du président de la République, Félix Tshisekedi. Cette relance du trafic ferroviaire marque un tournant symbolique dans les ambitions de modernisation des infrastructures de la capitale Congolaise, avec la remise en exploitation de la liaison stratégique entre la Gare centrale et l’aéroport international de N’djili.
Longtemps à l’arrêt, ce corridor ferroviaire constitue l’un des axes structurants de la mobilité kinoise. Sa réactivation s’inscrit dans le cadre du projet MetroKin, un vaste programme de réseau ferroviaire urbain et périurbain de 300 kilomètres, soutenu par l’Africa Finance Corporation (AFC). Selon la communication présidentielle, l’objectif affiché est de répondre à l’explosion démographique d’une métropole qui compte désormais près de 20 millions d’habitants, tout en tentant de désengorger un réseau routier saturé.
Dans sa phase initiale, le dispositif ambitionne de transporter plus de 520 000 passagers par jour. Les autorités présentent ce chantier comme une alternative structurelle aux embouteillages chroniques qui paralysent régulièrement la capitale, mais aussi comme un levier économique, en promettant une offre tarifaire stable destinée à alléger le coût des déplacements quotidiens.
Au-delà de la seule remise en circulation, le projet implique également une opération sensible de réorganisation de l’espace urbain, avec la récupération progressive des emprises ferroviaires occupées au fil des années. Une dimension qui laisse entrevoir d’éventuelles tensions autour du foncier dans une ville où l’urbanisation s’est souvent faite au détriment des infrastructures publiques.
À plus long terme, le chef de l’État a évoqué l’extension du réseau vers l’ouest de la capitale, notamment en direction de Kintambo Magasin. La reprise du trafic régulier est annoncée dans un délai inférieur à trois semaines, après les ajustements techniques et opérationnels de cette phase inaugurale.
Reste que les autorités misent désormais sur ce retour du rail pour transformer durablement la mobilité urbaine à Kinshasa. Entre promesse de fluidification du trafic et défi de gouvernance des infrastructures, cette relance intervient comme un test grandeur nature des capacités de l’État à inscrire ses grands projets dans la durée.
Gloire Malumba