La Société des Services Vihumbira (SSV), chargée de la construction du futur aéroport international Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba de Beni-Mavivi, affirme avoir exécuté plus de 66 % des travaux, alors qu’elle n’aurait reçu qu’entre 1 et 2 % des sommes qui lui seraient dues. L’entreprise alerte le gouverneur militaire du Nord-Kivu sur des irrégularités présumées dans le financement du chantier et réclame des vérifications.
Le financement du chantier du futur aéroport international de Beni-Mavivi suscite des préoccupations au sein de la Société des Services Vihumbira. Dans une correspondance adressée au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Évariste, l’entreprise fait état d’un décalage important entre le niveau d’exécution des travaux et les paiements qu’elle affirme avoir perçus.
Selon la SSV, plus de 66 % des travaux seraient déjà réalisés, contre seulement 1 à 2 % des sommes qui lui seraient dues effectivement reçues. L’entreprise dénonce ainsi une situation financière qu’elle juge préoccupante et dont les conséquences pourraient peser sur la poursuite du projet.
Une trésorerie sous pression
Pour maintenir le chantier en activité malgré les difficultés financières alléguées, la société affirme avoir épuisé sa trésorerie et contracté des crédits auprès de ses partenaires et fournisseurs.
Cette situation soulève des interrogations sur la régularité des paiements, la gestion des recettes affectées au projet et les mécanismes de financement des travaux. À ce stade, toutefois, les irrégularités dénoncées par l’entreprise ne sont pas établies de manière indépendante.
Face à ces préoccupations, la SSV sollicite l’intervention des autorités compétentes autour de quatre priorités : clarifier le mécanisme de perception et d’affectation des recettes, vérifier la traçabilité des fonds collectés, sécuriser le financement nécessaire à la poursuite et à l’achèvement du chantier, et examiner toute éventuelle tentative de déstabilisation de l’entreprise, si les faits sont établis.
La société affirme, par ailleurs, être disposée à mettre ses pièces comptables et ses états d’avancement à la disposition des services d’investigation afin de faciliter les vérifications.
Des vérifications attendues
Au-delà des déclarations de l’entreprise, l’enjeu est de déterminer si les fonds mobilisés pour ce projet sont effectivement perçus, affectés et décaissés conformément aux mécanismes prévus.
La vérification indépendante du taux d’exécution des travaux, des paiements effectués et des recettes collectées apparaît essentielle pour établir la réalité des écarts dénoncés et situer les éventuelles responsabilités.
Pour l’heure, les accusations de la SSV restent à vérifier par les autorités compétentes. Aucune conclusion définitive ne peut être tirée sans l’examen des pièces comptables, des contrats et des données financières relatives au chantier.
L’enjeu est désormais de faire la lumière sur le financement du futur aéroport de Beni-Mavivi, afin de déterminer si les difficultés signalées peuvent compromettre la poursuite des travaux et quelles mesures seraient nécessaires pour garantir leur achèvement.
Diddy Mastaki