Les autorités de la ville de Beni semblent désormais déterminées à faire respecter les travaux communautaires du Salongo, devenus obligatoires chaque samedi matin dans le cadre de la lutte contre l'insalubrité. Ce samedi 1er août 2026, une importante cargaison de matelas appartenant à un opérateur économique local a été saisie alors qu'elle était en cours de déchargement en pleine période consacrée aux travaux d'assainissement.
Cette intervention marque un durcissement des mesures prises par les autorités pour faire respecter cette activité civique, alors que de nombreux habitants continuent de poursuivre leurs activités commerciales durant les quatre heures réservées au Salongo.
Malgré le caractère obligatoire de cette opération de salubrité publique, plusieurs conducteurs de motos-taxis, agences de voyage et commerçants continuent d'exercer normalement leurs activités, en violation des dispositions prises par les autorités locales.
Pour faire appliquer cette décision, une brigade d'assainissement composée d'éléments de la Police nationale Congolaise (PNC) et des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) a effectué une vaste ronde dans plusieurs quartiers du centre-ville. C'est au cours de cette opération que les agents ont procédé à la saisie du lot de matelas.
Une opération saluée par une partie de la population
Cette intervention a suscité de nombreuses réactions au sein de la population. Si certains dénoncent une mesure sévère, d'autres estiment qu'elle était devenue nécessaire pour rétablir le respect de l'autorité de l'État.
« En tout cas cette brigade vient de faire une belle opération. Voilà que je suis en plein travail de Salongo. Comment eux sont dans des activités lucratives au lieu de travailler comme les autres ? Il faut qu'ils multiplient ce genre d'interpellations parce que la sensibilisation n'a pas suffi pour que tout le monde s'approprie ces travaux », a déclaré Kambale Basile, rencontré sur un chantier de Salongo.
Pour plusieurs habitants, la réussite de cette opération passe désormais par une application équitable des mesures, sans distinction entre simples citoyens et opérateurs économiques.
L'insalubrité reste une préoccupation majeure
Au-delà du respect du Salongo, plusieurs citoyens invitent les autorités à renforcer les campagnes de sensibilisation contre l'utilisation abusive des emballages plastiques.
Selon eux, ces déchets non biodégradables constituent aujourd'hui l'une des principales causes de l'obstruction des caniveaux de la ville, favorisant les inondations, les phénomènes d'érosion ainsi que la détérioration des infrastructures publiques.
Les habitants citent notamment les nombreuses conduites en PVC du réseau de distribution d'eau de la REGIDESO, aujourd'hui mises à nu ou endommagées sous l'effet des ravinements provoqués par les eaux de pluie.
Alors que Beni intensifie sa politique d'assainissement, cette saisie envoie un message clair : les autorités entendent désormais faire respecter les heures du Salongo par l'ensemble de la population, y compris les acteurs économiques, dans l'objectif de restaurer durablement la propreté et le cadre de vie de la capitale provisoire du Nord-Kivu.
Diddy Mastaki