À l’occasion de sa participation à l’Assemblée générale annuelle d’ID4Africa 2026, qui se tient à Abidjan (Côte d’Ivoire), la République Démocratique du Congo, (RDC), a réaffirmé son ambition de bâtir une identité numérique de confiance, interopérable et centrée sur les besoins des citoyens. Une orientation qui s’inscrit dans les profondes transformations numériques à l’œuvre sur le continent Africain.
Cette position a été rappelée mercredi 13 mai à l’issue d’une séance de travail entre le ministre de l’Économie numérique de la RDC, Augustin Kibassa Maliba, et le Dr Joseph Atick. Les échanges ont porté sur les conditions nécessaires à la mise en place d’un écosystème d’identité numérique jugé à la fois utile, inclusif et durable.
Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique continentale portée par l’AGA ID4Africa 2026, placée cette année sous le thème : « Identité numérique : des Digital Public Infrastructures vers les écosystèmes publics numériques ».
Au cœur des discussions, les deux parties ont souligné que la valeur d’un portefeuille d’identité numérique ne réside pas tant dans la technologie elle-même que dans les services concrets qu’elle permet de délivrer aux citoyens.
Plusieurs priorités ont été mises en avant, notamment la simplification de l’accès aux services publics, la délivrance d’attestations numériques, la fluidification des démarches administratives, ainsi que le développement de services de proximité via des points d’accès physiques, en particulier dans les zones confrontées à la fracture numérique.
Les échanges ont également insisté sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée des acteurs de l’écosystème, notamment les administrations publiques, les banques et les opérateurs de télécommunications. Les participants ont estimé qu’une identité numérique ne peut produire des effets rapides que si elle s’accompagne d’incitations concrètes, telles que la réduction de la fraude, la simplification des contrôles et l’amélioration de l’accès aux services.
La question des partenariats public-privé a occupé une place centrale dans les discussions. S’ils sont perçus comme un levier d’accélération du déploiement des infrastructures numériques, ces partenariats doivent, selon les échanges, préserver la souveraineté de l’État sur les données et les systèmes. Ont notamment été évoquées des garanties jugées essentielles : propriété publique des données, auditabilité des plateformes, réversibilité des solutions et transfert de compétences vers les institutions nationales.
Sur le plan institutionnel, les participants ont également mis en avant la nécessité d’une gouvernance structurée, articulée entre un niveau stratégique chargé des orientations et des arbitrages, et un niveau technique responsable de l’architecture des systèmes, de la cybersécurité, de l’interopérabilité et de la gestion des données.
Enfin, les deux responsables ont convenu que la construction d’une identité numérique crédible suppose une évaluation réaliste des capacités existantes, notamment la qualité des bases de données, la fiabilité des informations disponibles, la couverture nationale et les ressources techniques mobilisables.
Gloire Malumba