Vingt-huit ans après les massacres de Kasika, dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, le Dr Denis Mukwege réclame la mise en œuvre des recommandations du Rapport Mapping et l’ouverture d’enquêtes sur les crimes commis en RDC au cours des trois dernières décennies.
Le souvenir des massacres de Kasika, perpétrés le 24 août 1998 dans le territoire de Mwenga, reste douloureux dans la mémoire du Sud-Kivu.
À l’occasion de la commémoration de ces événements, le Dr Denis Mukwege a appelé les autorités congolaises et la communauté internationale à faire de la justice une priorité.
« Nous appelons la République démocratique du Congo et la Communauté internationale à mettre en œuvre les recommandations du Rapport Mapping, à enquêter sur les crimes commis au cours des trente dernières années et à poursuivre leurs auteurs et leurs commanditaires, qu’ils soient congolais ou étrangers, membres de groupes armés ou responsables étatiques », a déclaré le Dr Denis Mukwege.
Pour le prix Nobel de la paix, la mémoire des victimes ne peut se limiter aux cérémonies commémoratives. Elle doit également conduire à l’établissement des responsabilités et à la poursuite des personnes impliquées dans les crimes les plus graves commis sur le territoire congolais.
Le Rapport Mapping des Nations unies, publié en 2010, documente plusieurs centaines de violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en RDC entre 1993 et 2003. Il recommande notamment la mise en place de mécanismes judiciaires appropriés pour lutter contre l’impunité.
À Kasika, le souvenir des victimes demeure ainsi associé à une revendication plus large : celle de voir les crimes commis dans l’Est de la RDC faire l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires.
Pour Denis Mukwege, cette démarche doit concerner aussi bien les auteurs directs que ceux qui auraient participé à la planification, au financement ou au commandement de ces crimes.
La commémoration de Kasika devient ainsi, une nouvelle fois, un appel à ne pas laisser l’histoire s’effacer sans justice.
Diddy Mastaki